Récit d'exploration spirituelle à travers des aventures fabuleuses.
Une bonne occasion de découvrir ce texte méconnu grâce à la traduction proposée par les auteurs.
Dimensions : 190 x 10 x 125 mm
Poids : 196 g
Nombre de pages : 207
Quatrième de couverture
Le plus ancien texte narratif connu en langue française (début du XIIe siècle), Le Voyage de Saint Brendan, se range dans la série de pèlerinages fantastiques dans l'Autre Monde, qui a tant obsédé le Moyen Age celtique.
Brendan, moine irlandais légendaire dont le prototype historique vivait au VIe siècle, navigue parmi les îles enchantées de l'Atlantique à la recherche du Paradis terrestre. Le texte-source du poème anglo-normand de Benedeit (Benoît) est la Navigatio sancti Brendani abbatis, qui remonte au IXe siècle, sinon plus loin encore. Les éditeurs présentent ce récit extraordinaire d'exploration et d'aventures dans le cadre d'une odyssée spirituelle, en le situant dans la longue tradition des poèmes de même inspiration, qui de l'Antiquité mène à la Divine Comédie.
De la production littéraire du Moyen Age français, le lecteur moderne ne connaît guère que quelques noms et quelques œuvres, la plupart justement célèbres. Le pari de cette nouvelle collection est de leur donner une plus large diffusion en proposant des éditions remises à jour, assorties de traductions originales et de tout ce qui peut en faciliter la compréhension. Mais il a paru tout aussi important d'associer à ces valeurs établies des œuvres moins connues, souvent peu accessibles, capables cependant de susciter à leur tour le plaisir de la découverte.
Extrait
Adieux et embarquement
« … Alors Brendan prit congé de ses moines, envers lesquels il était un père très bon. Il leur parla de son voyage, et leur expliqua qu'il avait l'intention de le mettre entre les mains de Dieu. Il les confia tous à son prieur, à qui il exposa la façon dont il devrait veiller sur eux. Quant aux moines, il leur commande de lui obéir et de le servir fidèlement comme s'il était leur abbé. Alors Brendan les embrasse et part. Ils éprouvent beaucoup de chagrin et pleurent, car leur père ne veut emmener que quatorze d'entre eux.
Brendan se dirige vers l'océan où Dieu lui avait révélé qu'il devait s'embarquer. Il ne se laissa pas détourner pour aller voir sa famille : il s'était fixé un but plus précieux. Il alla jusqu'au bord de la mer sans souci de repos. Il arriva au rocher que les gens de la région appellent encore le Saut de Brendan. Il s'agit d'un roc qui s'avance très loin dans l'océan tout comme un promontoire. Au pied de ce promontoire se trouve un port à l'endroit où un cours d'eau se jette dans la mer. Ce cours d'eau, petit et très étroit, débouchait directement de la paroi de la falaise. Personne avant Brendan n'avait, je pense, fait cette descente. C'est là qu'il fit apporter du bois de charpente pour faire construire son bateau. Il revêtit tout l'intérieur de sapin et couvrit l'extérieur de peaux de bœuf. Il le fit calfater pour qu'il glisse facilement et rapidement sur l'eau. Puis il installa tout l'équipement nécessaire, tout ce que le bateau pouvait contenir. Il y mit également les provisions qu'ils avaient apportées, des vivres pour quarante jours sans plus. Brendan dit aux moines : "Montez à bord ! Rendez grâces à Dieu pour le bon vent qu'il nous envoie." »
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