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Livre mer : en ligne de bataille de

EN LIGNE DE BATAILLE

Auteur(s):
Editeur :
Date de parution : 28/10/2003

Thématique : ROMANS MARITIMES
10.50 €
épuisé
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Un grand moment de la saga Bolitho, à ranger absolument dans sa bibliothèque...


Dimensions : 182 x 20 x 121 mm
Poids : 330 g
Nombre de pages : 416

Quatrième de couverture

La France révolutionnaire vient de déclarer la guerre au monde. Richard Bolitho, promu malgré son jeune âge commandant de l'Hypérion, un navire de ligne, s'initie à la discipline du combat d'escadre : vaste partie d'échecs où entrent en ligne de compte des variables difficiles à contrôler, tels le régime des vents, l'humeur des équipages – ou simplement la peur.

Les Anglais sans perdre de temps organisent le blocus de Toulon tandis que l'amiral Moresby tente d'occuper un îlot stratégique au large des côtes françaises. Après une première tentative désastreuse (Moresby est tué sous ses yeux), Bolitho prend l'affaire en main, ose un coup injouable... et gagne. Mais gagne-t-on jamais à ce jeu où la mort est la rançon de la victoire, et où le succès d’un jour est si vite défait par le temps ?



Extrait

« Neuf jours après avoir quitté le Spithead, la frégate Harvester se présenta devant le rocher de Gibraltar ; la paroi immuable de la falaise dominait le gracieux vaisseau, qui fit tête à la légère brise du large et jeta l’ancre ; il tira la salve réglementaire, dont le tonnerre résonna à tous les échos du mouillage. Son jeune commandant, sur la dunette, ne quittait pas des yeux l’activité fébrile des matelots en train de déborder les embarcations, pressés par les ordres cinglants, voire par quelque volée de coups d’un officier marinier peu enclin à la patience. L’entrée dans un port représente toujours un moment délicat : une rangée majestueuse de lourds vaisseaux de ligne était mouillée à proximité et le commandant savait bien – il n’était pas le seul – que plusieurs longues-vues suivaient l’évolution et la prise de mouillage de son navire. Il ne pouvait se permettre la moindre maladresse.
Après un dernier coup d’œil à ses hommes, le commandant Leach traversa rapidement la dunette et s’avança à tribord vers l’officier solitaire, de taille élancée, qui se tenait là, appuyé sur les filets de bastingage.

– Dois-je signaler qu’il vous faut une embarcation, monsieur ? Ou vous contenterez-vous de la mienne ?

Le capitaine de vaisseau Richard Bolitho s’arracha à ses pensées :

– Merci, commandant, je prendrai la vôtre. Ne perdons pas de temps.

Il crut lire un certain soulagement dans les yeux de Leach ; après tout, ce dernier n’avait pas encore obtenu les galons convoités de capitaine de corvette et un officier supérieur pouvait se révéler un passager bien encombrant.

Bolitho se détendit légèrement et ajouta :

– Vous avez un bon navire. Nous avons fait une traversée rapide.

Malgré le soleil matinal, il eut un frisson et vit que Leach l’observait avec un regain d’intérêt. Mais celui-ci pouvait-il vraiment sonder les pensées de son aîné ? La frégate avait serré le vent pendant toute la descente de la Manche, puis doublé les atterrages de Brest où une escadre britannique patrouillait de nouveau, par tous les temps, pour assurer le blocus de la flotte française. Tout au long de ces journées, suivant des yeux les mouvements brutaux du beaupré qui enfournait dans les lames, Bolitho n’avait eu qu’une image en tête : celle de leur arrivée à Gibraltar. Ils avaient ensuite traversé en diagonale le golfe de Gascogne, avec ses bourrasques et ses courants redoutables, puis avaient poursuivi plein sud le long de la côte du Portugal, qu’ils apercevaient de temps à autre, à travers une brume bleutée, loin par le travers bâbord. Le capitaine de vaisseau avait eu tout le temps alors de songer à son nouveau commandement, à ce qui l’attendait à bord et à la place que ce navire prendrait dans sa vie. Pendant ses longues promenades solitaires sur la dunette arrosée d’embruns, il s’était contenu dans son rôle de simple passager et, plus d’une fois, avait pris sur lui pour ne pas intervenir dans la marche de la frégate.
A présent, à l’ombre majestueuse du grand Rocher, il pouvait écarter ces pensées de son esprit. L’époque était révolue où il commandait une frégate, envolées l’indépendance et l’initiative propres à cette charge. Dans quelques minutes, il allait prendre le commandement d’un vaisseau de ligne dont le reflet ondulait sur l’eau calme de la rade, à moins de deux encablures. Il concentra son attention sur celui qui était mouillé juste à l’arrière du navire amiral : c’était un deux-ponts, un de ces voiliers de soixante-quatorze canons qui assuraient le plus gros de la puissance de feu des escadres anglaises éparpillées sur les sept mers. Les eaux de la rade avaient beau être calmes comme un lac, la frégate évitait, légère, sur son câble d’ancre ; ses fins mâts de flèche, légèrement gauchis, s’élançaient vers le ciel délavé et tout son gréement vibrait telle une harpe, comme pour souligner l’impatience de ce fin voilier, mouillé si près de sa conserve. En comparaison, le vaisseau à deux ponts semblait massif et trapu ; tout dans ses lignes, dans ses mâts et vergues énormes, dans sa double rangée de sabords, ajoutait à cette impression de puissance écrasante, tandis que les embarcations de service s’affairaient à l’entour comme des araignées d’eau.
De son côté, Leach suivait des yeux la guigue qui venait se ranger sous la coupée et observait le patron d’embarcation de Bolitho : il se tenait en faction près des effets personnels de son commandant, tel un robuste chien de garde veillant sur les biens les plus précieux de son maître.

– Vous avez là, commandant, dit Leach, un bon serviteur.

Bolitho sourit :

– Allday m’a toujours suivi depuis…

Il se remémora sans effort toutes ces années, comme si chaque pensée et chaque événement étaient restés rangés soigneusement à leur place, tel un portrait à demi oublié. Il poursuivit :

– Mon premier patron d’embarcation a été tué à la bataille des Saintes en 82. Depuis lors, Allday ne m’a pas quitté.

Ces mots étaient simples mais quelle vibrante réalité ne recouvraient-ils pas ! Pour Bolitho, la silhouette familière d’Allday à ses côtés était un témoignage constant de leur longue amitié. Onze années maintenant s’étaient écoulées depuis la bataille des Saintes, à laquelle avait participé sous son commandement, la frégate Phalarope, et aujourd’hui l’Angleterre était de nouveau en guerre. »


Chronologie des œuvres

1773  
A rude école
1774
Le feu de l'action
1777
En vaillant équipage
1778 
Armé pour la guerre
1782
Cap sur la gloire
1784
Capitaine de sa Majesté
1789
Mutinerie à bord
1792
Toutes voiles dehors
1793 En ligne de bataille
1794 Ennemi en vue
1797 Capitaine de pavillon
1798 Combat rapproché
1800 Cap sur la Baltique
1801 Victoire oblige
1802 Honneur aux braves
1803 Flamme au vent
1805 A l'honneur ce jour-là
1806 
Un seul vainqueur
1808 Par le fond
 1809 Une mer d'encre
 1811 Au nom de la liberté
 1813 La Croix de saint Georges


Biographie de l'auteur

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