Racleurs d'océan constitue le journal de bord d'Anita Conti à bord d'un navire morutier sur lequel elle a embarqué en 1952 mais aussi (déjà…) une dénonciation du gâchis de cette pêche à grande échelle...
Poids : 200 g
Nombre de pages : 334
Quatrième de couverture
« Je ne suis qu'une créature solide à travers le vent », aimait à dire Anita Conti (1899-1997), première femme océanographe française, et sans doute la seule femme à avoir vécu le « grand métier ». En 1952, elle embarque en effet sur le chalutier-saleur Bois-Rosé pour partager la dure vie des pêcheurs de Terre-Neuve.
Extrait
« (…) Sur le cercle d'eau, chaque navire est une usine en route, ouverte en plein ciel. Rien, du travail de l'instant, ne peut se dissimuler, et même le labeur des jours passés se révèle. On n'entre pas dans les cales des collègues. Personne ne peut aller y voir l'entassement méthodique des animaux salés, momifiés dans l'ombre des nefs doublées de bois, mais il suffit de voir glisser l'usine pour évaluer ce qu'elle porte.
Ce travail continu est impressionnant, il évoque la production en série. Pourtant personne ici ne produit quoi que ce soit.
Un bateau de pêche détecte le poisson, le capture et le tue, un bateau de pêche est un chasseur et un usinier, jamais il n'est un producteur. Personne jusqu'à présent n'a pu augmenter ou améliorer le cheptel océanique. Je sais qu'en avançant cela, je me dresse contre une habitude de langage courant. Mais j'aime pouvoir accorder la pensée à la vérité ; aujourd'hui, cette vérité me saute aux yeux. (…) »
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