La mer fut longtemps la frontière ultime séparant le connu de l'inconnu : limite infranchissable alors qu'on croyait que le monde s'arrêtait au bord d'un grand précipice où l'océan se déversait en cataractes insondables.
Pourtant, dès le XVe siècle, animé par le désir de conquêtes et d'échanges commerciaux, l'homme a décidé d'aller voir au-delà de l'horizon. C'est ainsi que de voyage en aventure, les marins ont fait surgir les contours des continents. C'est d'abord l'Afrique qui se dessine, avec Gil Eanes qui franchit le cap Bojador, Bartolemeo Diaz qui arrondit le cap des Tempêtes, et Vasco de Gama qui relie l'Inde en contournant le continent Noir.
Puis c'est l'immense terre américaine qui apparaît, confondue avec les Indes par Christophe Colomb, avant que l'on comprenne grâce à Vespucci et Magellan que l'on pouvait la franchir par le sud.
Enfin commence la quête du mythique continent de l'hémisphère Sud, et sa prétendue découverte par le Français Kerguelen. Les voyages de Bougainville et de Cook complètent alors les contours d'un monde que l'on commence à entrevoir, et que la conquête des passages du Nord par Béring et Amundsen borneront tout à fait.
Grâce à ces marins, à ces capitaines et à leurs équipages, la Terre est peu à peu conquise, sillonnée, cartographiée. Christian Clères nous fait revivre ces expéditions épiques des plus grands navigateurs, du Chinois Cheng Ho aux Hollandais Schouten et Le Maire, et du XVe siècle jusqu'à l'aube du XXe siècle.
Extrait
« (…) Magellan, en sa qualité de gentilhomme portugais et ancien officier de la flotte portugaise, était autorisé à consulter les archives très privées et jalousement gardées de la Tesoraria de Lisbonne (depuis 1504, toute personne divulguant à des étrangers des renseignements sur la navigation portugaise au-delà du Congo, ou sortant du pays le moindre portulan, était condamnée à la peine de mort). Bientôt, les cartes maritimes et les livres des dernières expériences du Brésil n'eurent plus aucun secret pour lui. Et c'est ainsi que Ruy Faleiro et Fernand de Magellan trouvèrent ce qu'ils cherchaient : une carte de Martin Behaim. Sur cette carte, le cosmographe et navigateur allemand, mort en 1506, mentionnait l'endroit d'un passage vers les Indes, vers le 40e degré de latitude sud… pratiquement au même endroit que celui indiqué en 1515 sur le globe terrestre d'un autre Allemand Johannes Schoener. Outre cette carte de Martin Behaim, ils mirent également la main sur un avis rédigé au début du siècle par un commissionnaire installée au Portugal, adressé à une grande maison de commerce dAugsburg (…) Ce texte, imprimé sur du mauvais papier, explique en allemand "qu'un navire portugais a rencontré et contourné, vers le quarantième degré de latitude, un cap derrière lequel s'ouvrait, de l'est à l'ouest, un large détroit semblable à celui de Gibraltar, qui conduisait à d'autres mers, de telle sorte qu'il était facile d'atteindre par cette voie les Moluques, les îles des épices" ».
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